Avec un regard sur l’année qui a suivi la maladie et le décès de notre fille Haizea, je voudrais vous partager quelques mots que j’ai sur le cœur ce 1er mai 2022.
Perdre un enfant n est jamais le bon moment, on ne peut s y préparer. L’onde de choc dépasse de beaucoup la souffrance et la détresse de devoir accepter de ne pas voir grandir son enfant, de ne plus pouvoir le voir, ni l entendre ou le prendre dans ses bras.
D’une certaine façon, que nous soyons encore en vie, est, pour les gens qui nous entourent, un cadeau. Quand on réalise que notre enfant est mort, on ne pense vraiment que à sa souffrance. Objectivement nous avons été conscients immédiatement de la noirceur de notre futur, de la difficulté de reconstruire et d’accueillir la joie ou la réjouissance. Conscients que plus aucune responsabilité ne nous retenait, aucun comptes à rendre à personne, une vie déjà bien remplie. Je remercie ma petite étoile de nous avoir évité de faire une grosse bêtise.
J’ ai passé l année à accepter l incapacité à ressentir de la joie, à accepter la solitude, l impuissance souvent maladroite de l entourage. A accepter l inconfort de certains de me voir "encore triste" sans s’intéresser à toute l énergie que je consacre à me reconstruire sainement. A accepter que ma souffrance me rendent parfois dure avec mon entourage et d en ressentir le jugement. Accepter l incompréhension de notre entourage de ne pas nous voir "plus heureux" pendant la grossesse de Marie Line alors que notre cœur était déchiré entre le deuil d Haizea et l’ arrivée d Oneka, que l on était terrifié de reprendre le risque de revoir la maladie et la mort et très très reconnaissant d accueillir de nouveaux la vie dans notre famille.
C est un chemin où le courage, la persévérance, l espérance, l instinct de survie, la confiance en soi et l’ indulgence sont constamment sollicités, constamment repoussés dans nos plus profondes ressources.
J y mets beaucoup de bienveillance envers moi-même et envers mon entourage.
J ai le sentiment que je ne peux en ressortir que différent de la personne que j étais "avant", c est ma façon de "rebondir".
Comme un torrent que l on est obligé de traverser pour survivre.
Je souhaite bien de la patience à ceux qui "attendent de nous retrouver", et remercie tous ceux qui ont réussi à mettre leur douleur personnelle de côté pour nous accompagner et cheminer à nos côtés.
Simon Scharwatt
Simon (Fondateur de l’association PER)